La Pastorale
Pastorala

La pastorale Marga d’Andurain est une ‘pièce de théâtre’ chantée en langue basque, sur la vie de Marga d’Andurain (Bayonne 1893 – Tanger 1948) 

Qu’est-ce qu’une pastorale ?

La PASTORALE est une forme ancienne de théâtre

dont l’origine pourrait se trouver dans la Grèce antique ou serait plutôt l’héritière des théâtres du Moyen Âge. Grâce à la Soule, cette forme traditionnelle de théâtre chanté a pu être conservée et maintenue jusqu’à nos jours. On trouve également des pastorales en Béarn, écrite et chantée en béarnais.

Sur la scène

on ne trouve pas de décor et peu d’accessoires.

Pour les entrées et sorties des acteurs

3 portes sont nécessaires sur le fond de la scène : une porte bleu/vert à gauche, une porte rouge sur la droite et une porte blanche au milieu.

Les acteurs

doivent utiliser leur voix, leur posture ou encore les expressions de leur visage pour exprimer et communiquer leurs émotions au public.

La pastorale, écrite en basque et en versets

raconte l’histoire de personnes célèbres, historiques ou contemporaines.
Nous avons ainsi vu récemment Simone Veil, Madeleine de Jaureguiberry, Abdel Kader, Liguex, Lurdes Iriondo, Inesa de Gaxen, mais aussi des contes ou des fictions tels que Maddiren trajeria, ou Karmen Etxalarkoa.
La pastorale peut également rapporter des faits, des situations historiques, comme le maquis, la résistance, les guerres, la chasse aux sorcières et plus contemporaines « Urrats Kolektiboak », jouée à Barcus.

La pastorale répond à des codes particuliers

L’ « errejent » les utilise pour la mise en scène, pour les déplacements chorégraphiés, pour définir les entrées et sorties des acteurs.

Les acteurs sont répartis en deux groupes qui se font face

adversaires souvent, ennemis parfois :

     – les bleus ou verts sont ceux que l’on appelait les « chrétiens ». Ils sont les protagonistes, les personnages principaux, les « gentils ».

    – les rouges, ceux que l’on nommait avant les « Turcs », ce sont les adversaires, les « méchants ».

Cette répartition prend sa source dans les guerres de religion et les croisades qui ont opposé chrétiens et musulmans, etc …

La pastorale a aussi son accessoire indispensable : le « makila »

Chaque acteur en détient un qu’il utilise pour ses déplacements sur scène.
Le « makila » donne le rythme et symbolise parfois une arme, une épée, un fusil …
On lui accroche un ruban vert/bleu ou rouge pour montrer à quel groupe appartient l’acteur qui en est muni.

La pastorale regroupe 5 disciplines, toutes importantes :

Le texte

L’histoire est racontée en versets en « euskeraz » et répartie en scènes, (on peut en trouver jusqu’à 25).
L’écrivain·e fait des recherches, vérifie les sources, organise les éléments, et rédige la pastorale en étant le plus fidèle possible à l’histoire qu’il·elle doit retranscrire.

 le chant

Un chef de chœur dirige les chanteurs. Il crée souvent les musiques des chants en les adaptant à l’histoire .

La danse

Un maître de danse enseigne les danses souletines interprétées par les Satans, personnages incontournables des pastorales.
Ils sont souvent moqueurs face aux acteurs et aux situations. Leurs danses sont généralement très attendues.

On trouve également les danses dites « sociales » ; elles sont adaptées à l’histoire et à la période et elles mettent en valeur le texte.

La musique

Le responsable musique mène le groupe constitué d’une vingtaine de musiciens.
En accord avec « l’errejent », il choisit les airs et les adapte à l’histoire. La musique accompagne toutes les entrées et sorties de scène, les batailles, les danses … Selon la couleur à laquelle appartient l’acteur, bleu-vert ou rouge, le rythme de la  musique change.
Pour les rouges, la musique sera plus vive plus rythmée, pour les bleus/verts elle sera plus posée, plus lente, plus solennelle.

Les costumes

La responsable couture, toujours en coordination avec « l’errejent », après recherches avec un groupe de couturières, imagine et crée les costumes adaptés à l’histoire et à son époque. Parfois ils sont empruntés à des associations.

La mise en scène ou le rôle de « l’errejent » 

« L’errejent » coordonne les 5 disciplines, imagine les jeux de scène, les déplacements chorégraphiés.

Ceci dans le respect des codes de la pastorale et en adaptant les chants, les danses, les batailles et les costumes à l’histoire qui est contée. L objectif est de proposer un beau spectacle dynamique, d’offrir au public de l’émotion, au travers du texte mis en valeur par les danses, les chants, la musique et les beaux costumes.